À l’occasion de notre série de « Portraits de partenaires », nous avons rencontré Iriantsoa Razafinome, chargée de programme à la French Tech Grand Paris. Elle nous partage sa vision d’un accompagnement plus simple, plus humain et plus proche des entrepreneurs. À travers son engagement au sein de French Tech Central, elle œuvre chaque jour pour créer des passerelles entre les startup et les services publics, afin de faciliter les démarches et de lever les freins qui peuvent se dresser sur le chemin de l’innovation.

Pouvez-vous présenter en quelques mots ?
Iriantsoa Razafinome : Je pilote le programme French Tech Central, mais aussi d’autres dispositifs dédiés aux relations entre les startup, le public et l’administration. Je m’occupe également des startup “Smart Cities” au sein du programme “Ville de demain”, en lien avec la Métropole du Grand Paris.
Comment la French Tech Grand Paris place-t-elle l’innovation et l’inclusion au cœur de ses actions ?
IR : La French Tech Grand Paris accompagne l’ensemble des starts up, quel que soit leur secteur d’activité, à travers des programmes et des événements, en articulation avec les autres French Tech en France. Parmi eux, French Tech Central crée un pont avec l’Urssaf et plus de 20 services publics pour simplifier les démarches et faire des institutions de vrais partenaires du développement entrepreneurial.
Nous menons aussi des actions en faveur de l’inclusion, comme French Tech Tremplin, qui aide les talents issus de milieux sous-représentés à rejoindre l’écosystème et nous opérons également Gen50 Tech, une initiative qui sensibilise les entreprises au recrutement des +50 ans dans la tech. Enfin, trois axes structurent nos efforts d’innovation : la santé via le HIIT porté en collaboration avec le Digital Medical Hub, la “Ville de demain” portée avec la Métropole du Grand Paris, et Track IA, dédié aux startup de l’intelligence artificielle.
Depuis combien de temps le partenariat avec l’Urssaf IDF existe-il ?
IR : Le partenariat a débuté en 2019, dès la 1ere année de la French Tech Grand Paris. Aujourd’hui, nous déployons des permanences dans nos 2 sites parisiens (Morning et Station F) pour assurer plus de rendez-vous avec les entrepreneurs afin de faciliter leurs démarches administratives et favoriser le développement de leur start-up.
Selon vous, le partenariat avec l’Urssaf Île-de-France permet-il de simplifier et rendre les démarches administratives des startup du Grand Paris plus accessibles ?
IR : L’Urssaf est présente tout au long du cycle de vie de la startup : création, premières démarches administratives, demande d’Acre, première embauche, etc. Concrètement, cela permet de toucher un très grand nombre d’entrepreneurs à des moments clés de leur développement.
Quelles sont les actions déployées dans le cadre de ce partenariat, et leur impact sur l’accompagnement des acteurs de l’innovation ?
IR : Nous avons plusieurs types d’actions :
- des rendez-vous individuels de 30 minutes gratuits avec un référent régional Urssaf Ile-de-France, en présentiel ou en visio, via des permanences à Station F ou dans nos locaux ;
- des webinaires thématiques, organisés en fonction de l’actualité et des besoins exprimés par les startup ;
- des petits-déjeuners de brainstorming et de networking avec l’ensemble des services publics partenaires. Cela permet de créer du lien entre eux, de mieux faire connaître les services de chacun et de faciliter les redirections vers le bon interlocuteur pour les entreprises accompagnées.

Selon vous, ce partenariat répond-il aux attentes des entrepreneurs accompagnés par la French Tech Grand Paris ?
Les entrepreneurs, et notamment les startup, sont très agiles et évoluent vite. Ils ont besoin de réponses personnalisées, efficaces, rapides. C’est pour cela que le format de rendez-vous individuel est particulièrement adapté : chaque startup bénéficie d’un référent qui connaît l’écosystème, maîtrise les enjeux de la tech et sait vulgariser les sujets administratifs. C’est rapide, connecté, personnalisé, et un expert peut répondre de façon très concrète aux besoins spécifiques de la startup.
Comment les entrepreneurs que vous accompagnez perçoivent l’Urssaf ?
L’Urssaf est encore souvent perçue comme un acteur de contrôle, et je pense que ses missions sont mal connues. Il reste un vrai travail de vulgarisation à faire : expliquer que l’Urssaf n’est pas “contre” les entrepreneurs, mais qu’elle peut au contraire les aider et les accompagner. Il subsiste une certaine méfiance vis-à-vis des services publics, que nous essayons de changer.
Quels sont les freins à lever ?
Le 1er frein à lever, c’est la communication : le langage administratif peut être un vrai obstacle. Il faut l’adapter au public, y compris dans le style et l’apparence. Quand on s’adresse à des startup, le costume-cravate peut impressionner ou créer une distance. Une présence plus forte sur les salons et dans les lieux fréquentés par les startup serait également un atout.
Quels sont les retours des entrepreneurs ? Quelles thématiques souhaiteraient-ils aborder ?
Les thématiques d’intérêt tournent beaucoup autour du premier recrutement car les startup ne savent pas toujours vers qui se tourner ni par où commencer. Il est essentiel de les accompagner dès les premières étapes de leur cycle de vie. Nous suivons les retours des services publics via un rapport annuel, et ils sont très positifs : les entrepreneurs jugent l’accompagnement réactif et conforme à leurs attentes. Sur le format des webinaires, les startup viennent chercher une information claire et globale ; si elles souhaitent aller plus loin, un rendez-vous individuel permet ensuite d’entrer dans le détail.
Quels sont les projets futurs et les perspectives de développement de ce partenariat ?
Nous travaillons à la refonte de la page partenaire de notre site, afin que l’Urssaf puisse y valoriser son rôle auprès des entrepreneurs avec un discours plus clair et accessible.
En parallèle, nous souhaitons renforcer nos liens avec les incubateurs pour mieux faire connaître French Tech Central et ses rendez-vous, notamment via des temps d’échange avec leurs responsables. Enfin, des webinaires thématiques et la multiplication des permanences physiques permettront de toucher encore davantage de startup.

Comment envisagez-vous de faire évoluer le discours autour de l’entrepreneuriat de la tech pour renforcer la collaboration entre écosystèmes innovants et institutions publiques comme l’Urssaf ?
Les entrepreneurs doivent prendre conscience que les institutions publiques peuvent être de véritables accélérateurs pour eux, et pas uniquement des contraintes. Notre rôle est de les sensibiliser à cela et de faire évoluer l’image des services publics, Urssaf comprise, vers un positionnement de partenaire plutôt que de contrôleur. En résumé, il s’agit de passer d’une logique « contrôle » à une logique « partenariat ».




